dimanche 24 mai 2009

Virage, 6

- Comment peux-tu en être si sûr ? - C’était une Renault, j’te dis. Tous feux éteints. Je l’ai entendu qui filait en douce, moteur au ralenti. Petite cylindrée, Twingo ou Modus. Pas plus. Je connais mon métier bon sang. Trente ans que je répare des voitures, que j’écoute leur mécanique. Pour toi c’est du bruit. A moi, elles me parlent.Et le père de Camille de se moquer de son frère pris d’accès lyriques dès qu’il s’agit de parler de son métier. L’oncle Henri apprécie peu. Se vexe même, file d’un air renfrogné vers la cuisine. Ouvre le... [Lire la suite]

samedi 23 mai 2009

Jour 23

Je suis toute retournée. Enfin toute de travers. Enfin toute à la renverse. Enfin toute de guingois. J’ai un prénom à trait d’union. Deux en une donc. Ce petit trait horizontal. Cette miniligne. Ma ligne nommée. Mais faite donc de lignes je suis : ma corde au cou, la frontière de mon corps, la limite de mon cerveau, ma crête nasale, ah ! se souvenir du baptême de ma ligne, la ligne de mes nœuds, la ligne de mon niveau, la ligne de ma foi, mes lignes de touche, mes lignes de faille, la ligne de mes cheveux, la ligne de mes fesses.... [Lire la suite]
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vendredi 22 mai 2009

Chroniques d'un super-héros, 14

L'Araignée, l'AraignéeEst un être bien singulierDans sa toile, il attendD'attraper les brigandsAttention !Car l'Araignée est làla mélodie s’est élevée. Il est fort, agressifIl a du sang radioactifIl s'envole sur un filEt fait fi du périlAttention !Car l'Araignée est làOui, je chantais, Si parfois la nuitOn découvre un mystèreL'Araignée surgitAussi vite que l'éclaird’abord un fredonnement, puisL'Araignée, l'AraignéeToujours là pour nous protégerIl apporte des secoursEt ne veut rien en retourquelque chose d’assez tonique, il faut... [Lire la suite]
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jeudi 21 mai 2009

Le livre de ma vie

Quand je pense que mon livre préféré attend encore peut-être que je le découvre, sagement remisé sur une étagère de bibliothèque, dans une librairie ou dans les profondeurs poussiéreuses de quelconques archives...Il y a quelque chose de foncièrement déprimant dans cette idée que ce livre existe peut-être, quelque part, à portée de ma main, et que j’arriverai quand même au terme de ma vie sans avoir eu l’opportunité de le lire !Je crois que cette angoisse compte pour beaucoup dans la boulimie de lecture qui me caractérise.
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mercredi 20 mai 2009

Revêtement de sol

Patricia, sacrément énervée, fait les cent pas dans son bureau. La moquette les étouffe tous, du premier au dernier : elle pourrait bien n’en faire que quatre-vingt-dix-neuf, ou au contraire atteindre les cent vingt, personne n’entendrait rien. Elle déplore tout à coup cette discrétion douillette, ce feutré très standing dont elle s’était satisfaite jusqu’alors. Elle aimerait mieux, maintenant, que le bruit de son courroux parvienne jusqu’aux oreilles délicatement ourlées de celle qui la lui inspira. Grossière erreur que cette... [Lire la suite]
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mardi 19 mai 2009

Considérations non intempestives

Au bout de la piste, si on demandait à un homme de compter le nombre d’amis qu’il lui a été donné d’aimer et dont il eut le bonheur d’être  aimé, ce serait le plus souvent user d’un doux euphémisme afin qu’il annonce le nombre de trahisons dont il fut la victime.Il y a quelque  chose de terrible à se fâcher avec ceux qu’on a aimés. C’est une guerre de tranchées où tous les coups sont permis parce que la logique, le rationnel, l’argumentation dont peut s’honorer, parfois,  une querelle avec des inconnus, cèdent la... [Lire la suite]
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lundi 18 mai 2009

Lettre 14

Géraldine BouvierÉditions Dès demain – Paris 6ème                             Paris, ce lundi 18 mai 2009 Mon petit castor, Je suis sûre et certaine que vous avez écouté Fridolin Bègue-Bédier, hier soir au Casque et l'Enclume... Impossible de rater ça, pas vrai ? Ne le prenez pas mal, mais j'ai adoré quand il a comparé Armelle Nauton à un gros cube de poisson surgelé, formaté sec aux quatre coins et tout ramolli à... [Lire la suite]