dimanche 19 avril 2009

Virage

Une ligne droite, du sud vers le nord. Au bout de cette ligne droite, vers le nord, un virage. Dans ce virage, au bord de la départementale, une maison. Une ancienne grange transformée en habitation. Mal placée. Tout le monde le dit. C’est dangereux, une maison dans un virage au bout d’une ligne droite. Lancée sur cette ligne droite, une voiture. À son volant, Matthieu. À ces côtés, sur le siège passager, Éric. Ils sont jeunes, ils ont bu. Ils roulent vite, trop vite. Éric le dit. Tu roules trop vite, Matthieu, on va se viander.Dans... [Lire la suite]
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samedi 18 avril 2009

Jour 18

Elle se sent si gui gui gui guimauve. Elle se sent si si si si si. Si in in in in incomprise. Elle est un peu l’archer mou d’un vio vio vio d’un violoniste virtuose. Même lui ne peut rien en faire. Elle est un peu le fi fi fi fi le fil du haricot vert trop cuit pas bio pas bon. Après tout elle, elle, elle, elle, elle s’en tape. C’est la jeune fille qui morfle. Rien ne tient tout tombe au fond de sa culotte, saleté de périnée. Trop mou. Tout est trop mou. Sa vitalité, sa r[ε]ctitude.
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vendredi 17 avril 2009

Chroniques d'un super-héros, 9

Mon oreille gauche, quelque peu malmenée, m’a fait souffrir le martyre pendant des jours. J’ai gagné de longues séances chez mon dentiste, Monsieur Valra, dont le devis équivalait à mon salaire annuel –nous avons une bonne mutuelle au travail. Monsieur Valra était dans une phase dépressive ; il semblait avoir besoin de se confier : je n’avais d’autre choix que de l’écouter et d’acquiescer par un vague « agghrr », signe de ralliement du patient dentaire. Madame Valra venait de le quitter et il était en pleine crise existentielle : il... [Lire la suite]
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jeudi 16 avril 2009

Écrivain toi-même ! #1

La vie est curieuse tout de même…À vingt ans, comme beaucoup, je rêvais d’être un écrivain. Je passais mes soirées à noircir des pages et des pages d’ébauches de romans, de poèmes, de nouvelles, de fragments philosophiques aussi enflammés qu’imbéciles. Tout ce que j’écrivais était mauvais, mais j’y croyais...À trente ans, j’étais devenu raisonnable. Je travaillais, j’avais fondé une famille, je commençais à grisonner. Bref, je vieillissais consciencieusement. J’étais toujours un grand amoureux des livres mais je me contentais de lire... [Lire la suite]
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mercredi 15 avril 2009

Tempête de cerveau

Caroline apporte à l’instant à Madame la Directrice le dossier Chal…Encore une fois, convenez que cette coupure est ridicule ! Vous ne pouvez décemment asseoir l’intrigue de votre hypothétique roman, si mince fût-elle à ce stade, sur la base de mots ou de phrases tronqués. Et ne venez pas me servir le discours cent fois ressassé du libre-arbitre du public, de l’ouverture sur l’imaginaire individuel, du il-y-a-autant-de-livres-que-de-lecteurs, de la clé invisible offerte au mieux disant. Cela ne vous serait pas venu à l’idée ? Fort... [Lire la suite]
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mardi 14 avril 2009

Une scandaleuse méprise

Avril enfin répandait ses premières douceurs par tout le pays. La neige accumulée durant des mois avait finalement  fondu, mais la terre rassasiée ne parvenait plus à engloutir tout ce dégel dont l’eau stagnait maintenant dans les creux et les vallons, formant partout de petits étangs impromptus. Le ciel bleu et blanc s’y mirait, le vent en ridait la surface et des cigognes s’y reposaient, juchées sur une patte, leur long cou légèrement rentré, immobiles et la plume ébouriffée.Quelques papillons jaune pâle voltigeaient déjà de... [Lire la suite]
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lundi 13 avril 2009

Lettre 9

Géraldine BouvierÉditions Dès demain – Paris 6ème                             Paris, ce lundi 13 avril 2009   Marc, il m'a été impossible de réprimer ces larmes. Votre lettre m'a saisie au plus haut de mes mortifications. Je me mortifiais, oui, de vous, de vos inconstances, de vos inconséquences, de votre méchanceté aussi, de cette chose maléfique qui vous gâtait l'esprit et réduisait notre amitié et notre tendre commerce à un... [Lire la suite]