mardi 23 juin 2009

Critique en herbe

Bertrand_mini
Indiscrète, surtout impatiente parce qu’elle veut que je lui cède le clavier, elle lit à voix haute par-dessus mon épaule :

« Les trois hommes allaient le dos courbé, la tête baissée pour éviter les cruels éperons du blizzard qui soulevait autour d’eux des nuages de neige et de givre, une main obstinément enfoncée dans la poche d’une lourde pelisse, l’autre solidement refermée  sous la gorge et serrant au plus près de leur cou la laine épaisse des écharpes, la démarche incertaine, mal aisée et les yeux exténués, rougis par le froid, vidés par le désespoir de ne plus voir depuis des jours et des jours que cette étendue immense, blanche, muette,  sans âme, sans mouvement et sans horizon que déroulait devant eux  la steppe. »
Tu fais des phrases trop longues.
Comment ça, trop longues ?
On peut pas les lire parce qu’on peut pas dire tant de mots sans respirer.
On peut lire tout bas.
Oui, mais c’est fait aussi pour lire tout haut. Dans Zozo, tu faisais des phrases courtes.
Et alors ?
Si tu veux trouver un éditeur et vendre des livres, il faut mettre plus de points. Soigner ta langue.

Ce que j’aime chez les enfants, c’est que, même avec des raisonnements faux et des motivations non avouées, ils arrivent à des conclusions vraies.
Tout le contraire des philosophes.

7_vert

Ce petit texte sera donc ma dernière contribution aux Sept mains.

A la rentrée, Marc, Claire, Jean-Claude et Fabrice jettent en effet l’éponge, appelés sur d’autres priorités que nous leur souhaitons de tout cœur pleines de plaisir et de réussite.
Qu’ils soient ici remerciés de ces textes publiés depuis 18 semaines.
Merci particulièrement appuyé à Marc qui eut l’initiative de ce cahier d’écriture, qui nous réunit et nous motiva autour de son projet et qui assura sans faille toute l’administration du blog.

Pour les trois autres mains restantes - Emmanuelle, Stéphane et moi-même -  la question s’est alors posée de savoir si nous continuions l’aventure à trois mains seulement.
Si oui, quelle formule ?
D’ores et déjà, plus de Sept mains, ça tombe sous le sens, dans la forêt aux sept sentiers d’écriture.
Nous nous sommes alors livrés à un premier échange de propositions qui, si elles ne sont pas encore totalement abouties, donneraient à peu près le canevas suivant.
Un blog collectif à quatre mains – Appel est donc lancé ici même pour découvrir un ou une quatrième complice.
Pas de publication samedi et dimanche. Lundi, mardi, mercredi et jeudi.
Chaque vendredi serait alors réservé à un ou une invité(e), écrivain, artiste, visiteur(euse) ou tout ça à la fois. Le vendredi à qui veut prendre le micro.
Si le cœur vous en dit…
Comment appeler ce blog collectif ? Stéphane donne la piste de «  L’auberge espagnole », quelque chose d’approximatif, de convivial et d’amical.
La rénovation intégrale des locaux est prévue, avec illustrations, photos, à la discrétion des auteurs ou des invités(es).
Voilà.
Affaire à suivre, donc…
Cordialement à tous et à toutes
Bertrand

7_rouge_vif

Posté par Les 7 mains à 09:00:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Critique en herbe

    Il y a quand même quelques philosophes-enfants... Et quelques uns se trompent aussi sur toute la ligne, raisonnements comme conclusions...

    Bravo à vous sept.
    Aucun(e) ne m'a laissé indifférent.

    Marc Villemain est également à remercier pour sa correspondance privée sans privé (Baresi était pourtant disposer à consentir à un prix défiant toute concurrence), avec ce point final si cruel, sans recommencement possible (Mais sait-on jamais vraiment?)

    Mais qu'allez-vous faire sans votre super-héros qui n'avait pas précisément l'air disposé à jeter l'éponge? Ou le manteau?

    En tous cas, je viendrai frapper à la lourde de votre auberge, un de ces quatre...

    Je vous souhaite du vent et de la fureur.

    Posté par Stéphane Prat, mardi 23 juin 2009 à 10:09:10 | | Répondre
  • Stéphane, si tu reviens frapper, tu rentres, et, un vendredi, tu t'installes comme invité, non ?

    Posté par Bertrand, mardi 23 juin 2009 à 10:20:21 | | Répondre
  • Va pour un vendredi, alors, pourquoi pas. On cale ça. Mais je pense que je me pointerai aussi les autres jours, lire dans un coin, échanger etc...

    Posté par Stéphane Prat, mardi 23 juin 2009 à 10:30:25 | | Répondre
  • @Stéphane Prat : En fait, Bertrand s'est trompé : tu ne seras pas "invité" sur le procahin blog, mais "sommé" d'y venir !

    Non mais ! Vive la liberté !

    Posté par SB, mardi 23 juin 2009 à 11:18:22 | | Répondre
  • le vendredi est un bon jour pour écrire

    Oh, mais je me suis clairement invité...

    Posté par Stéphane Prat, mardi 23 juin 2009 à 12:15:08 | | Répondre
  • Les meilleurs invités sont toujours ceux qui s'imposent et Stéphane impose que Stéphane s'invite.
    Bon, tout ça m'a l'air de bonne augure.
    Je précise qu'on a le droit de s'inviter plusieurs fois - remettre le couvert, y'a des polissons qui disent - si on a trouvé l'accueil à son goût.
    Faudra nous aider aussi (on va quand même pas faire tout le boulot) à trouver un nom, un joli nom qu'en dit long...
    On est quatre et je pensais "Au pluriel" de GB.
    " Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on..."
    Mais c'est pas très gentil pour les invités.

    Posté par Bertrand, mardi 23 juin 2009 à 12:55:29 | | Répondre
  • Ravie que vous continuiez. Je regrette déjà Fabrice, Jean-Claude, Claire & Marc. Je suis heureuse qu'Emmanuelle poursuive, avec Bertrand et les deux Stéphane. Ouais on n'a pas fini de rigoler...
    Et Narval, son écriture grandiose, sa culture itou. J'espère qu'il va venir nous dire au revoir et peut-être...bonjour.
    Ciao les amis et très bonnes vacances.

    Posté par Michèle, mardi 23 juin 2009 à 17:47:01 | | Répondre
  • Il y aura de la place pour toutes les bonnes volontés !

    Posté par SB, mardi 23 juin 2009 à 19:46:52 | | Répondre
  • coup de main

    bon, d'accord, je viens.. Un coup de main, ça se refuse pas.. allez, comptez sur moi.. Comment ça on m'a rien demandé?

    pascal

    Posté par pépé, jeudi 25 juin 2009 à 14:43:59 | | Répondre
  • Si si, Pépé, vous êtes invité, la clef est sous le paillasson et si vous ne trouvez pas le paillasson, brisez une vitre...
    C'est ici maison où l'on ne sonne point les gendarmes
    A bientôt

    Posté par Bertrand, vendredi 26 juin 2009 à 16:35:42 | | Répondre
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