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Indiscrète, surtout impatiente parce qu’elle veut que je lui cède le clavier, elle lit à voix haute par-dessus mon épaule :

« Les trois hommes allaient le dos courbé, la tête baissée pour éviter les cruels éperons du blizzard qui soulevait autour d’eux des nuages de neige et de givre, une main obstinément enfoncée dans la poche d’une lourde pelisse, l’autre solidement refermée  sous la gorge et serrant au plus près de leur cou la laine épaisse des écharpes, la démarche incertaine, mal aisée et les yeux exténués, rougis par le froid, vidés par le désespoir de ne plus voir depuis des jours et des jours que cette étendue immense, blanche, muette,  sans âme, sans mouvement et sans horizon que déroulait devant eux  la steppe. »
Tu fais des phrases trop longues.
Comment ça, trop longues ?
On peut pas les lire parce qu’on peut pas dire tant de mots sans respirer.
On peut lire tout bas.
Oui, mais c’est fait aussi pour lire tout haut. Dans Zozo, tu faisais des phrases courtes.
Et alors ?
Si tu veux trouver un éditeur et vendre des livres, il faut mettre plus de points. Soigner ta langue.

Ce que j’aime chez les enfants, c’est que, même avec des raisonnements faux et des motivations non avouées, ils arrivent à des conclusions vraies.
Tout le contraire des philosophes.

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Ce petit texte sera donc ma dernière contribution aux Sept mains.

A la rentrée, Marc, Claire, Jean-Claude et Fabrice jettent en effet l’éponge, appelés sur d’autres priorités que nous leur souhaitons de tout cœur pleines de plaisir et de réussite.
Qu’ils soient ici remerciés de ces textes publiés depuis 18 semaines.
Merci particulièrement appuyé à Marc qui eut l’initiative de ce cahier d’écriture, qui nous réunit et nous motiva autour de son projet et qui assura sans faille toute l’administration du blog.

Pour les trois autres mains restantes - Emmanuelle, Stéphane et moi-même -  la question s’est alors posée de savoir si nous continuions l’aventure à trois mains seulement.
Si oui, quelle formule ?
D’ores et déjà, plus de Sept mains, ça tombe sous le sens, dans la forêt aux sept sentiers d’écriture.
Nous nous sommes alors livrés à un premier échange de propositions qui, si elles ne sont pas encore totalement abouties, donneraient à peu près le canevas suivant.
Un blog collectif à quatre mains – Appel est donc lancé ici même pour découvrir un ou une quatrième complice.
Pas de publication samedi et dimanche. Lundi, mardi, mercredi et jeudi.
Chaque vendredi serait alors réservé à un ou une invité(e), écrivain, artiste, visiteur(euse) ou tout ça à la fois. Le vendredi à qui veut prendre le micro.
Si le cœur vous en dit…
Comment appeler ce blog collectif ? Stéphane donne la piste de «  L’auberge espagnole », quelque chose d’approximatif, de convivial et d’amical.
La rénovation intégrale des locaux est prévue, avec illustrations, photos, à la discrétion des auteurs ou des invités(es).
Voilà.
Affaire à suivre, donc…
Cordialement à tous et à toutes
Bertrand

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