dimanche 31 mai 2009

Virage, 7

Jean_claude_mini
D
e grandes plaques d’aggloméré remplacent la baie vitrée. Sur son vélomoteur, Eric passe devant la maison. Il s’arrête une centaine de mètres plus loin, fait demi-tour. Repasse. Mais de nouveau, il ne voit rien. La cour est vide, la maison silencieuse. Sous son casque intégral, il a chaud, trop chaud. Il tourne la poignée d’accélération, file vers le village en pestant contre Matthieu, sa voiture et son permis de conduire qui sent encore la Préfecture.

A l’intérieur, Camille ne voit rien non plus. Son père a procédé à une réparation de fortune hier soir. Elle ouvre la porte d’entrée pour laisser passer un peu de lumière. Elle entend le moteur d’une mobylette qui passe en direction du village. Comme le moteur de la Renault de l’oncle Henri hier soir, se dit-elle. La fête d’anniversaire a tourné court. Après le départ de l’oncle Henri, Françoise, sa femme, a débouché la bouteille de champagne dans un entrain forcé dont personne n’a été dupe. Le père de Camille est ensuite allé fouiller dans le garage, y a trouvé des planches, s’est occupé de la baie vitrée. Sa mère a débarrassé les restes du gâteau. Sa tante s’est mise à laver les verres. Camille est montée dans sa chambre, s’est étendue sur le lit. Elle s’est mise à compter les coups de marteau. Elle avait l’impression que son père clouait le couvercle du cercueil de son enfance.

Devant la gendarmerie, Eric voit la voiture du père de Camille. Il la connait bien. Il est le seul du coin à rouler en Fiat quand tout le monde, ou presque, achète sa voiture chez Henri, le garagiste-concessionnaire Renault installé près du stade. Eric sent le sang affluer vers son visage, son pouls s’accélère. Il freine, entre sur le parking de la gendarmerie, gare sa mobylette. Il retire son casque qui lui tient chaud. Il a l’impression que son crâne est sur le point d’exploser. Il gravit les marches de l’édifice public. Il faut qu’il sache. Il ouvre la porte. Face à lui se tient, le père de Camille. Eric blêmit. Un gendarme sort d’un bureau, tend un papier au père de Camille. « Voici le double pour l’assurance », ajoute-t-il. En sortant, le père de Camille sourit à Eric, lui demande s’il a vu un fantôme. Eric soupire de soulagement.

Assise sur le seuil de la porte d’entrée, Camille boit son bol de thé, comme chaque matin. Elle laisse son regard courir sur le jardin derrière la maison, au-delà de la cour. La pelouse impeccable, les massifs de rosiers bien entretenus et plus loin, en contrebas, l’énorme plumeau qui pousse au-dessus du puisard dans lequel s’écoulent les eaux usées de la maison. Elle n’oubliera pas ces dix-huit ans, c’est une chose certaine. Elle aimerait bien savoir cependant ce qui s’est passé. Quel phénomène étrange, surnaturel peut-être, a fait voler en éclat la baie vitrée, écrasé son gâteau d’anniversaire ? Une voiture pénètre dans la cour. C’est son père. Il gare sa Fiat, descend, s’approche de sa fille.
- J’ai porté plainte.
- Contre qui ?
- Personne.
- Et tonton Henri ?
- Qu’il aille au diable.

A suivre…

7_vert

Posté par Les 7 mains à 09:00:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires sur Virage, 7

    rarement aussi mal lu un texte!

    je viens d'essayer de l'imprimer en entier pour relire mais l'impression se fait mal...pas de chance avec ce récit qui cependant m'intrigue. Il faut dire qu'à cause des deux bougies du gâteau d'anniversaire, j'ai cru comprendre que Camille avait deux ans!!!!!!!j'étais ravie de ma perspicacité! Or,il s'avère que je me suis lamentablement trompée et que je n'y comprendrai jamais rien....le prochain récit de jean Claude, en septembre? je serai beaucoup plus attentive...je le jure et je crache par terre, comme on faisait dans mon enfance...aglanulle

    Posté par aglaé, dimanche 31 mai 2009 à 13:37:16 | | Répondre
  • Chère Aglaé

    Ne vous inquiétez pas, moi-même, j'ai du mal à suivre...

    Posté par JCL, dimanche 31 mai 2009 à 20:53:14 | | Répondre
  • aglaréflexion...

    ...que l'auteur s'empêtre dans son récit ce n'est pas trop grave si le lecteur s'y retrouve....vous dites 'paradoxal'? Ah! Bon! je ne vois pas...

    Posté par aglaé, lundi 1 juin 2009 à 17:21:20 | | Répondre
  • Mon Blog!

    http://aglamiettes.canalblog.com/

    Venez voir comme nous sommes beaux et rigolos!

    Aglaé,la taulière

    Posté par aglaé, lundi 1 juin 2009 à 20:47:25 | | Répondre
  • C'est dit, pour dimanche prochain j'aurai lu les 7 "Virage" ! C'est trop frustrant de se demander qui est Matthieu, avec deux t ; et au vu des commentaires, l'âge de Camille, etc.
    Et après, Aglaé, on raconte à Jean-Claude...

    J'ai aussi du retard, en fait tout à lire, pour le texte d'Emmanuelle Urien, mon coup de coeur du début ; il y a un moment où on ne rattrape plus le retard, mais avec l'arrivée de juin, ça va le faire...

    Et puis cette pauvre Géraldine, me tarde de savoir ce qu'elle raconte vraiment.
    On ne laissera pas les 7 mains boucler leur valise de l'été sans avoir nous bouclé notre travail de lecteur. Ce serait bouder notre plaisir.

    Posté par michèle, lundi 1 juin 2009 à 21:05:52 | | Répondre
  • Bien dit Michèle!

    ...Tous ensemble, tous ensemble...
    ....trois lecteurs selon la police, cent vingt huit selon les organisateurs...

    Posté par aglaé, lundi 1 juin 2009 à 23:17:21 | | Répondre
  • ...Tous ensemble, tous ensemble...
    ....trois lecteurs selon la police, cent vingt huit selon les organisateurs...

    Posté par aglaé, lundi 1 juin 2009 à 23:17:21

    Quoi, la police tolère encore l'existence de trois lecteurs ? Mais ce sont par définition trois terroristes potentiels ! Il va falloir sévir et dénoncer ce nid d'agitateurs à Mr S. !

    Posté par SB, mardi 2 juin 2009 à 06:15:08 | | Répondre
  • ...Tous ensemble, tous ensemble...
    ....trois lecteurs selon la police, cent vingt huit selon les organisateurs...

    Posté par aglaé, lundi 1 juin 2009 à 23:17:21

    Quoi, la police tolère encore l'existence de trois lecteurs ? Mais ce sont par définition trois terroristes potentiels ! Il va falloir sévir et dénoncer ce nid d'agitateurs à Mr S. !

    Posté par SB, mardi 2 juin 2009 à 06:15:19 | | Répondre
  • On dirait que ça s'emballe...
    Bon, oublié Eric, exit Eric, viré Eric.
    Faudrait voir monsieur l'auteur à pas perdre vos personnages comme ça.
    A part ça, ça a l'air de s'arranger ; sauf la famille : le frère du garagiste, non content d' envoyer le garagiste au diable, est le seul à ne pas acheter ses voitures chez lui, chez son frère (le garagiste).

    Posté par michèle, jeudi 4 juin 2009 à 00:40:09 | | Répondre
  • J'ai une intuition...

    ....le récit de Jean Claude s'achemine manifestement vers sa conclusion logique: l'apparition, sous un prétexte quelconque (je fais confiance à l'imagination de notre auteur!) l'apparition disais je de Géraldine Bouvier annonçant son prochain mariage avec Narval.
    !
    Chic et chic! Tous les grognards sont invités à la noce!

    Posté par aglaé, jeudi 4 juin 2009 à 09:44:56 | | Répondre
  • Chère Michèle avec un seul L

    Merci pour votre lecture. Je m'étais en effet un peu mélangé les prénoms. Tout cela est rétabli à présent. Avec toutes mes excuses.

    Posté par JCL, samedi 6 juin 2009 à 12:58:11 | | Répondre
  • Ne vous excusez pas. C'est confortable de lire le boulot des autres. Ce n'est pas nous qui avons mouillé la chemise et nous sommes risqués à quoi que ce soit. Alors on voit mieux les anicroches qu'une simple lecture extérieure suffirait à éliminer.
    Il suffirait d'un mail sur ce blog où on peut signaler les coquilles et le tour serait joué.

    Posté par michèle pambrun, samedi 6 juin 2009 à 15:49:42 | | Répondre
  • Contacter l'auteur

    C'est écrit en tout petit en haut à droite, entre l'abonnement à la newsletter et les catégories. Pas très visible, il est vrai...

    Posté par JCL, samedi 6 juin 2009 à 21:06:00 | | Répondre
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