Marc_mini

Géraldine Bouvier
Éditions Dès demain – Paris 6ème                            

Paris, ce lundi 18 mai 2009

Mon petit castor,

Je suis sûre et certaine que vous avez écouté Fridolin Bègue-Bédier, hier soir au Casque et l'Enclume... Impossible de rater ça, pas vrai ? Ne le prenez pas mal, mais j'ai adoré quand il a comparé Armelle Nauton à un gros cube de poisson surgelé, formaté sec aux quatre coins et tout ramolli à l'intérieur. Au moins, ce garçon a de l'humour.  Oh ! je sais ce que vous pensez : que je n'en souris que parce qu'il s'agit de la Nauton ; mais c'est faux, croyez-moi : la chose m'aurait fait rire de toute façon. Et j'en connais bien d'autres à qui ce facétieux jugement pourrait s'appliquer. Enfin vous me direz ce que vous avez pensé de Bègue-Bédier, d'accord ? Pour ma part, je l'ai trouvé enjoué, très en verve, et plutôt sincère. C'est vrai que, de littérature, il ne fut que très peu question, mais c'est le genre de l'émission qui veut ça. Bon, vous n'êtes pas très féru de ses livres, mais vous reconnaîtrez que le bougre a de la repartie, et le sens des formules. D'ailleurs, pour l'avoir croisé à quelques reprises, je peux vous assurer que ce garçon est bien moins superficiel et bien plus lettré que ce qu'il laisse paraître. Finalement, son problème est aussi celui de Yann Ego : tous deux sont un peu trop up to date, voyez le genre : tignasse pétard et futal ras la raie. Bah, ce ne sont que de grands enfants, il ne faut pas être trop sévère ; ils ont bien le temps encore de grandir.

Bon, (je redeviens sérieuse...), j'ai commencé à travailler sur la nouvelle version de votre texte. Je réserve mon jugement, mais je peux d'emblée vous dire qu'on a bien progressé. C'est beaucoup mieux, plus aéré, plus puissant, plus efficace ! Je suis contente que vous m'ayez écouté, et que vous ayez adouci le caractère un tantinet misanthrope du personnage principal. Vous savez, Marc, ne croyez pas que vous ferez scandale en recouvrant de noir la nature humaine. Les gens veulent autre chose, ils en ont marre de la glauquitude, du houellebecquisme larvé, du ballardisme même ; il faut les entendre, savoir nourrir leurs aspirations, leurs rêves, leur fantaisie aussi. Un peu de mélancolie, un peu de pessimisme, je ne dis pas, mais trop d'écrivains oublient l'importance qu'ils peuvent prendre dans la vie des gens, trop peu se soucient de cette responsabilité. Attention, je ne suis pas en train de vouloir vous convertir à la happy end ! Juste, je voudrais vous inviter à rayonner un peu plus. Eh quoi, notre lune de miel pourrait bien vous inspirer, non ?!

Allez, à mercredi - on se voit toujours mercredi soir, hein... ? D'ici là mon coquin, soyez sage - parce que je vous aime.

Géraldine

PS : J'allais oublier... La mère Naullard nous a envoyé une petite carte de remerciements ; je la cite : "Ce fut une soirée d'une totale distinction, inoubliable pour moi. Et votre nouvel ami vous va si bien !" Nom de dieu, mais ce qu'elle peut être cruche !!!

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