mardi 14 avril 2009

Une scandaleuse méprise

Bertrand_mini
A
vril enfin répandait ses premières douceurs par tout le pays. La neige accumulée durant des mois avait finalement  fondu, mais la terre rassasiée ne parvenait plus à engloutir tout ce dégel dont l’eau stagnait maintenant dans les creux et les vallons, formant partout de petits étangs impromptus. Le ciel bleu et blanc s’y mirait, le vent en ridait la surface et des cigognes s’y reposaient, juchées sur une patte, leur long cou légèrement rentré, immobiles et la plume ébouriffée.
Quelques papillons jaune pâle voltigeaient déjà de brin d’herbe en brin d’herbe. Dans les buissons alentour, les grives et les merles cherchaient aventure nuptiale, modulant des gammes toutes plus harmonieuses les unes que les autres, tandis que sur les branches les plus hautes des bouleaux, des ramiers accroupis roucoulaient, rauques et sérieux.
L’hiver polonais, le long, le blanc hiver polonais, avait enfin desserré l’étau et les choses de la terre, longtemps étouffées sous l’étreinte, ouvraient grand leurs poumons et reprenaient leur souffle.
À la faveur de ce premier soleil, nous étions assis, Stanisław et moi, sur le petit banc installé devant la maison. Nous regardions sans parler tout ce réveil s’ébrouer devant nous, le goûtant chacun avec notre peau, chacun avec nos yeux, chacun avec ce que nous portions en nous de printemps mémorables.
Sur le chemin de terre qui  longe mon territoire, un grand cheval roux cependant, avec une crinière très blonde, tirait une petite charrette. Un vieil homme était assis sur le côté, les pieds pendants dans le vide et tenant dans ses mains les rênes. Tout cet attelage allait bientôt s’engouffrer dans la forêt et Stanisław me le montra du bras, en riant sous cape et en hochant les épaules.
Il me fait toujours penser au général Kipetrovotch, ce corniaud, avec sa jument, ricana t-il.
Je levai la tête. Ce cheval, ce vieil homme, cette charrette, me ramenaient, chaque fois que je les voyais monter vers la forêt, au pays de mon enfance, très loin, vers les balbutiements d’une autre époque. J’éprouvais toujours la même impression d’un arrêt du temps, comme une goutte d’eau soudain suspendue dans l’air. Des visages, des odeurs, des sons, des espoirs revenaient. Puis les images s’estompaient et je réintégrais le présent, très loin devant, beaucoup plus près du fatal  horizon.
Apparemment, le cheval et sa charrette ramenaient aussi Stanisław vers un ailleurs à lui. Je lui tendis une cigarette. Je savais bien qu’il attendait que je le questionne, alors…
Le général Kipetrovotch ? Connais pas… Qui est-ce ? demandai-je, un tantinet faux-cul.
Ah, tu peux pas connaître… Pas célèbre du tout, le gars... Écoute, moi, je m’en souviens très bien parce que…
Stanisław s’interrompit, se frappa très fort sur la cuisse et partit d’un grand éclat de rire… Ah le con ! Le con ! Un Russe, comme tu peux t’en douter ! Je t’ai déjà dit qu’ils étaient tous sots comme des brebis. Même leurs généraux… Parce que celui-là…
Figure-toi qu’en cinquante-neuf, j’avais été mobilisé très loin à l’est. Notre  régiment avait été gentiment invité, si tu vois ce que je veux dire, à venir faire des manœuvres  et des exercices avec un régiment russe, sur les rivages de la Mer Blanche, où il faisait un froid atroce.
Le général Kipetrovotch, qui commandait toute la région militaire, nous avait fait la mauvaise surprise de débarquer un soir et de passer en revue ce maigre échantillon, stationné ici pour un temps, des vaillantes troupes cosmopolites du pacte de Varsovie. Nous étions en rase campagne. Une campagne glacée, blanche, déserte, immobile. Sans une voix. Presque lunaire.
Le hasard voulut alors que le général s’adressa d’une voix forte et puissante à notre petite escouade. Comment ça va, ici, camarades soldats ?
Très bien, camarade général !
Il ne vous manque rien ?
Absolument rien, camarade général. Tout va bien, brailla l’escouade d’une seule voix.
Mais… Le haut militaire sembla hésiter un instant et s’approcha doucement du plus petit d’entre nous. C’était le camarade Sergueï, tu sais, celui que j’ai retrouvé plus tard sur la frontière finlandaise et dont je t’ai déjà parlé. Tu te souviens ?
J’opinai du chef. Stanisław en racontant avait toujours un demi-sourire accroché aux lèvres… Quelque chose de cocasse flottait à n’en pas douter dans sa vieille tête. Il se pencha à mon oreille, mit sa main comme un petit porte-voix et chuchota, imitant ainsi le général Kipetrovotch à l’oreille du pauvre Sergueï.
Et les filles, hein ?  Comment faites-vous pour les filles, dans ce désert, camarade soldat ?
Les filles ? Ah, les filles… Il avait l’air d’un benêt, le Sergueï. Il était rouge comme un soleil couchant, il baissait les yeux, il se dandinait comme un dindon sur une braise… Alors, hein ? Réponds-moi, soldat… Comment faites-vous, pour les filles ?
Heu… Pour… Pour ça… Il y a la jument, là, dans le petit baraquement, et
Sergueï, honteux et le regard toujours baissé, montra d'un geste vague une écurie en bois, un peu à l’écart, juste à la lisière de la forêt.
Ah, la jument ! Les coquins ! Ah, les coquins ! Les  polissons ! Le général était fendu jusqu’aux deux oreilles et il se frisait en même temps la moustache, d’un air content.  Il flatta familièrement l’épaule de Sergueï et tourna les talons, soudain gai comme un pinson.

Il advint cependant qu’il se présenta à nous le lendemain matin, l’appendice nasal douloureusement tuméfiée, le visage défait, un œil au beurre noir, le pantalon froissé, maculé, déchiré par endroits… Il se précipita sur Sergueï, comme ivre de colère. Il lui commanda méchamment de sortir des rangs, l’entraîna à l’écart en le tenant par le bras et en le soulevant quasiment de terre, puis, serrant les poings devant son visage, lui demanda : La jument, hein ! La jument ! Et comment vous y prenez-vous donc,  avec cette satanée jument ?
Le pauvre Sergueï tremblait de tous ses membres. C’en était pitoyable ! Il en tremblait doublement. De froid et d’effroi. Alors il balbutia l’exacte vérité.
Camarade général… C’est simple… Nous l’attelons au traîneau et… et nous filons au village de Brdnoï, à huit kilomètres derrière la forêt… Il y a là bas un cabaret. Un cabaret avec des filles, camarade général…

7_vert

Posté par Les 7 mains à 09:00:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires sur Une scandaleuse méprise

    onomatopées

    A bout de souffle !

    Muhahahaha: rire sadique, de gorge, profonément sarcastique et empli d'une joie mauvaise.

    -Hé, hé: chuintement rigolard propre à la colline, utilisé souvent lorsqu'elle se réjouit d'avoir raison. Se double d'un haussement de sourcil des plus seyants.

    -Hin hin hin: rire forcé de la colline. A ce moment précis, le mieux que vous ayez à faire est de vous éloigner doucement, sans faire de bruit et sans quitter l'animal des yeux. Question de survie.

    -Hi hi: rire collinien stupide, utilisé dans les cas extrèmes (genre chatouilles en traître de l'homme ou cassage de guoule dans les escaliers jolis du jardin).

    -Rha rha rha: rire communément appelé "rire gras" ou "rire féminin", l'atout sensuel de la colline, qui n'a pas trouvé mieux qu'un gros rire qui vient des tripes pour emballer son homme (hop, enrubanné dans le cellophane, la nuit va être torride!)

    AHAHAHAHAH ! , OH ! OH ! AH ! AH ! AH ! , HI ! HI ! HI ! , (gros rire) WHA HA ! HA !

    Rire comme un bossu : rire à gorge déployé (à l’entrée “bossu”)

    Rire à gorge déployée : rire aux éclats, d'un rire qui gonfle la gorge (à l’entrée “déployé”)

    Rire, sourire en dessous, par en dessous, en dissimulant son rire, son sourire (à l’entrée “dessous”)

    Rire jaune, d’un rire forcé, qui dissimule mal le dépit ou la gêne (à l’entrée “jaune”)

    Se mailler de rire : se tordre de rire (à l’entrée mailler)

    Amuser la galerie : faire rire l'assistance en concentrant l'attention sur soi (à l’entrée “amuser”)

    Se tenir les côtes : rire très fort (à l’entrée “côte”)

    Se fendre la pipe, la gueule, la pêche, la poire : rire aux éclats (à l’entrée “fendre”)

    Rire est mobilisé, également, en tant que mot-maître, dans les définitions de ses équivalents, synonymes ou parasynonymes, dotés de marque d’usage, comme :

    Bidonner (se) Fam. Rire beaucoup

    Boyauter (se) Fam. Rire très fort, se tordre de rire

    Gondoler (se) Fig. et fam. Se tordre de rire.

    Marrer (se) Fam. S’amuser, rire

    Poiler (se) Fam. Rire aux éclats

    Rigoler Fam. 1 Rire, s’amuser

    Posté par Narval, mardi 14 avril 2009 à 09:21:50 | | Répondre
  • Ah !

    AH, foin donc des couteaux tirés ! Re-voici Narval, via une baignoire de JCL, dans une énumération digne d'une anthologie du rire...
    Bien..bien...Fendons nous la pipe, alors, au détriment de ce grossier général, par exemple...
    Se fendre la pipe le plus possible, avant de la casser..

    Posté par Bertrand, mardi 14 avril 2009 à 10:38:00 | | Répondre
  • Jean-Paul 2 je retiens 1

    Camarade, permettez une remarque!

    Y en a que pour les communistes ici qui en prennent pour leur compte. Moi je vote communiste Monsieur et c'est encore les plus honnêtes ici bas dans la gestion de ma commune de Saint Jean en Cornillon. ne soyons pas ingrats. Vengeur, je ne vais pas louper ici l'éteignoir de la brillante et lumineuse Etoile Rouge, le Pape polonais de mes 2.

    Jean-Paul le second arrive au purgatoire. Il se présente au guichet de l'ange examinateur:

    - Bonne éternité ! Monsieur ?
    - Bonne éternité Monange ! Jean-Paul dit deux sur terre.
    - Je ne vois pas votre nom sur ma liste de réservations.
    - Il doit s'agir d'une erreur, je suis le Pape.
    - Ouais ouais et moi le bon Dieu peut-être. A la queue comme tout le monde.

    Résigné et légèrement surpris et dépité par l'accueil Jeannot-Paulot se range poliment derrière Khomeiny, Sadam Hussein, Coluche et Thierry Leluron.
    Son tour arrive alors que Sadam Hussein est à nouveau recalé.

    - Alors, voyons voir, Jean-Paul, vous dites être le pape et vous pensiez avoir votre place sur la liste des invités d'honneur ? C'est bien ça ?
    - Oui Monange, et je voudrais aussi préciser que j'étais le représentant de Dieu et de son Fils Jésus sur terre et que j'étais un intime de la Marie.
    - Bon, je vais vérifier. Allô Saint Pierre ? j'ai ici un type un peu simplet qui se prétend votre représentant En-Bas et qui veut accéder directement au Paradis.
    - Ecoute Jézéquiel, je suis occupé avec Blanche Neige. Elle se prétend vierge et Sainte. Mais je l'ai examinée sous toutes les coutures, j'ai visité son hymen et ce qui est étrange c'est qu'il est intacte, mais en y regardant de plus près j'y ai décelé 7 petits trous d'épingles. Je suis circoncis, non euh, circonspect. C'est la première fois que je vois une telle configuration. T'as pas une idée sur la chose toi mon vieux et fidèle Jézéquiel ?
    - Non Saint-Pierre, mais j'ai juste trouvé étrange ces 7 petits mecs à chapeaux rouges et pointus qui ne pouvaient pas retenir leur fou-rire quand ils sont passés derrière elle ici au guichet ?
    - Nom de Dieu, les petits libidineux, tous les 7 chez Satan et la Blanche on la garde En-Haut. tu me gardes tout le dossier dans le coffre fort, faut étouffer l'affaire, on peut pas déflorer l'icône de nos chères têtes blondes.
    - Bon bein, Chef, pour le Jean gogol machin de Rome là qu'est-ce-que je fais ?
    - Attends Jézéquiel je téléphone à Dieu, si ce vioque était son représentant sur terre alors il doit le connaître.

    Saint-Pierre prend sa ligne directe avec le Tout Grand. les cloches sonnent et une voix caverneuse se pointe au bout du cornet.

    - Ici Dieu, qui ose appeler alors que je suis occupé à 3 ou 4 tsunamis, 7 ou 8 épidémies de sida et deux génocides dans les régions arctiques ?
    - C'est moi chef, y a un mec qui se prétend votre représentant sur terre, un dénommé Jean Paul 2 de Rome.
    - Connais pas. Attends je vais demander à Vishnou, Allah et Boudah peut-être que c'est leur représentant, faut pas qu'on fasse une boulette avec eux, j'ai besoin de leur service pour une catastrophe écologique en Inde.

    Interrogés par Dieu, les autres divinités ignorent tout d'un tel personnage. Pour finir Dieu se dit que Jésus serait peut-être de bon conseil.

    - Hé Jésus mon fils unique et préféré, toi qui a séjourné sur Terre, est-ce que tu connais un mec qui se dit chef des catholiques et mon représentant En-Bas et qui prétend s'appeler Pape ?
    - catholique, catholique, judéo-chrétien je vois, protestant ok, mais catholique me souviens pas vraiment, c'est un peu vague tout ça dans ma mémoire, cela fait si longtemps déjà Papa que je suis revenus de cet enfer de Terre où tu m'avais envoyé en séjour linguistique pour y apprendre le langage du Mal, mais attends je vais consulter mon journal.... lettre c, ah oui, voilà, ben nom de dieu...
    - Quoi, vas-y parle, on a encore fait une connerie ?
    - Non, non, au contraire c'est une bonne surprise !
    - Bon alors tu me racontes ou quoi, suis plein de boulot moi !
    - Papa, Papa, tu sais cette petite entreprise qu'on a mise en route tous les deux il y a maintenant plus de 2000 ans..
    - Non je vois pas...
    - Eh bien, cher Père, j'avais raison d'y croire, j'avais du flaire...
    - ouais accouche, fais pas comme ta mère Marie...
    - Mais Papa, c'est un miracle, cette petite affaire, après 20 siècles, ELLE TOURNE TOUJOURS.

    A mardi prochain. Narval l'anti-clérical.

    Posté par Narval, mardi 14 avril 2009 à 11:41:50 | | Répondre
  • Bonus: Petite blague maghrébine

    Un maire décide de faire repeindre la facade de la mairie.
    Il lance un appel d'offres.
    On lui présente 3 devis : un Marocain, un Tunisien et un Algérien.

    Le devis du Marocain s'élève à 3 millions de dollars, celui du Tunisien à 6 millions, et celui de l'Algérien à 9 millions. Devant de telles différences, il convoque les trois entrepreneurs séparément, pour qu'ils détaillent leurs estimations !

    - Le Marocain dit qu'il utilise de la peinture acrylique pour extérieurs en deux couches pour 1 million, pour les échafaudages, les brosses,équipements divers et assurances : 1 million, et le million restant c'est la main d'oeuvre.

    - Le Tunisien justifie son devis en disant qu'il est meilleur peintre, qu'il utilise des peintures de polyuréthane en trois couches, dont le coût s'élève à 3 millions. Les échafaudages et autres matériels, équipements et assurances coûtent 2 millions, et le million restant c'est la main d'oeuvre.

    - Le dernier est celui qui gagne finalement l'appel d'offres, Le Maire estime qu'il présente le devis le mieux justifié. L'Algérien lui a présenté son devis comme suit : Monsieur le Maire : 3 millions pour vous, 3 autres pour moi, et les 3 restants, nous les donnons au Marocain pour qu'il nous peigne la façade.

    TOUTE RESSEMBLANCE AVEC LA VIE POLITIQUE (ou de l'entreprise) DE TA COMMUNE EST PURE COINCIDENCE ! !

    Et Vive l'Humour sans Frontière.

    Posté par Narval, mardi 14 avril 2009 à 13:30:06 | | Répondre
  • Magnifique Stanislaw!
    Et comme d'habitude : on la connaît, celle-là, pourtant c'est bien la première fois qu'on l'entend. Et inversement : c'est la première fois qu'on l'entend, mais on la connaissait déjà! (je n'ai pourtant pas abusé de Rouquin...)

    Et quel dégel! C'est imprimé à l'argentique, patient, sensible jusqu'au bout et l'éclat de rire. Du grand cru!
    (Mais faut se méfier de ce genre de compliments : si j'en dis tant de bien, de ton remontant, c'est simplement que j'ai l'intention de m'en faire servir un autre, bien sûr...)

    Posté par Stéphane Prat, mardi 14 avril 2009 à 14:15:19 | | Répondre
  • On verra

    Mardi je vous sers une critique en actes du protocole royal Anglais - Stanisław n'en démord pas avec les Russes, moi, c'est avec les Anglois...
    Et je suis sûr que vous ne la connaissez pas, celle-là...Enfin...J'sais pas...Si je la connais, c'est qu'on me l'a racontée, et si on me l'a racontée, on a bien pu la raconter à vous autres itou...
    J'sais pas...
    On verra, dit l'cochon.

    Posté par Bertrand, mardi 14 avril 2009 à 14:37:18 | | Répondre
  • au camarade narval

    Au camarade narval (minuscule souhaité) de la commune de Saint Jean en Cornillon qui vote communiste. Je tiens à vous exprimer mon indignation par rapport à votre histoire drôle sur Jean Paul II. Elle est dégoûtante. En France vous avez beaucoup de musulmans. Inventez et racontez-leur une histoire amusante sur le prophète Mahomet et les filles vierges. Venez en Pologne, camarade narval, pour que je puisse envoyer une pèche dans votre figure. Je suis souvent en France, je peux le faire sur place, pour plus d’info : ahoy57@gmail.com

    Posté par ahoy, vendredi 17 avril 2009 à 20:18:02 | | Répondre
  • Mohammed ! Trois cafés !

    Hoy Hoy Ahoy !!!

    Vos désirs sont des ordres, Camarade Ahoy !

    L'Ayatollah Khomeiny qui a trépassé l'soir même et voilà
    Qui s'retrouve au paradis vers minuit
    Devant monsieur Saint-Pierre
    Il y avait quelques élus qui rentraient
    Mais aussitôt qui s'approche du guichet
    Il est r'foulés et Saint-Pierre se met à râler alors il dit

    On est pas là pour se faire engueuler
    On est v'nus essayer l'auréole
    On est pas là pour se faire assomer
    On est morts il est temps qu'on rigole
    Si vous flanquez les ivrognes à la porte
    Il doit pas vous rester beaucoup d'monde
    Portez vous bien mais nous on s'barre

    Alors Khomeiny est descendu chez Satan et en bas c'était épatant

    C'qui prouve qu'en protestant quand il est encore temps
    On peu finir par obtenir des ménagements.

    Le public: une autre ! une autre ! une autre !

    Boris: - Bon d'accord, mais c'est la dernière, après je m'casse...

    C'est l'Ayatollah Khomeiny qui est mort. Il arrive au guichet de Saint Pierre où se présente les élus bénéficiaires d'une invitation nominale pour services rendus au Tout Puissant.

    Devant lui, y a le Shah d'Iran qui passe sans problème, Brigitte Bardot qui fait une jolie pirouette...

    ... ah non ... 'xcusez elle est pas encore morte. Pourtant j'aurais cru au miracle, mais elle vit toujours, je viens de vérifier sur Wikinichon.

    BB est pas morte.

    Elle a essayé de se suicider en se tirant une balle dans le sein gauche.

    Mais la pauvre s'est ratée, en visant son sein gauche elle s'est retrouvé aux urgences avec une balle dans son genou gauche.

    Elle avait ôté son Wonderbra avant de presser sur la détente.

    C'est ce geste qui lui a sauvé la vie selon l'enquête de Gallah, le Magazine du Prophète.

    Bon bin..mais l'Ayatollah Khomeiny lui est bien mort et il se présente devant Saint Pierre avec son invitation personnelle et nominale, en bon uniforme.

    Saint Pierre : - Alors vous diiites être shiiite et avoiiir été l' iiimam de Mahommed sur terre ?
    ... Non pas vraiment ah oui..voilà c'est bien ça...
    ...vous êtes le descendant de Mahommed sur terre lui même fils adoptif de Dieu, non ?
    ...comment ?...ah oui...il était le prophète préféré de Dieu après Jésus ... non ah ?...
    ...vous dites avant Jésus, bein vous êtes pas gonflé vous alors ... bon on va finir par y arriver ?
    ...c'est pas vraiment claire votre histoire.
    Passez moi votre laissez-passer et attendez là !
    Je vais vérifier plus Haut si on connaît ce Mohammed qui vous recommande à Dieu.

    - Allo ' Dieu ? C'est Pierre, j'ai un type ici, barbu poilu avec une robe noire qui se prétend le descendant du prophète Mohammed qui serait votre prophète préféré ?
    Vous êtes au courant ?

    Dieu:
    -Non. Je vois pas. Khomeiny, Mohammed ?
    Ca me dit rien...
    Demandons à Allah, y sait peut être qui c'est lui. Chiites, sunniites et Tutti Quanti comme disait Jean XXIII, il connaît bien les détails...du monde d'En Bas.
    Allah tu connais Mohammed, ton prophète ?
    ...Ah bon ... alors Allah, tu n'en sais rien...
    Alors... peut être Bouddha .... ahhh ? Toi non plus Boubou tu sais pas ..mmhhh...me voilà bien avancé... ????''''''?????'''''?????!!!
    ???????????!!!!! Dieu est dans les embarras !!!!
    ... Je vais demander à Jésus c'est toujours lui qui me tire d'affaire quand j'ai des problèmes avec ces humains.
    Jésus, dis moi !

    Jésus :
    - Oui Père ?

    Dieu :
    - Connais-tu un Mohammed qui serait un de mes prophètes préféré sur terre, après toi bien sûr mon fils unique et préféré ?

    Jésus:
    - Mais Papa, tu es vraiment gâteux ou quoi ????
    ???? Mohammed tu le vois tous les jours, tu lui parles tous les jours que tu fais ... tu vois toujours pas ... mais Père ... Père .. Père...

    Dieu:
    - Mais ouiiiii, Nom de Moi de nom de Moi !!! Où avais-je la tête !!! ..................
    ......MOHAMMED ! MOHAMMED ! MOHAMMED !
    ......LES CAFES ! LES CAFES ! S'il te plaît ! ET FISSA FISSA !

    A part ça bon week end à tous ! Narval le blasphémateur de Saint Jean en Cornillon !

    Posté par Narval, vendredi 17 avril 2009 à 22:25:42 | | Répondre
  • Dîtes-moi, Narval, on ne vous aurais pas empêché d'écrire, quand vous étiez petit? Le pseudonyme, c'est le purgatoire ou quoi!?

    Concernant Jean-Paul 2, Jean-Paul 2 mes 2, Hoy! Hoy! (je ne sais plus quel groupe punk, chantait ça) Je peux comprendre que ça vous démange, ahoy ! Le saint polonais ayant pesé sacrément fort sur l'édifice communiste pour accompagner sa chute. On peut quand même regretter qu'il n'ait pas montré la même bienveillance vis-à-vis des rebellés sud-américains, lourdant, si je me souviens bien, les curés résistants, et donnant ses représentations sur place, imperturbable, alors qu'on latait joyeusement ses bien chers frères à quelques rues de là, et à mort, quand même, hein, le spectacle était sévère...

    Posté par Stéphane Prat, samedi 18 avril 2009 à 09:45:10 | | Répondre
  • Pas rigoler tous les jours ...

    C'est vrais ça, on a pas l'air de rigoler tous les jours chez les poètes banquisards.

    C'est normal quand on se prend soi-même pour une institution à soi tout seul.

    Moi je ne suis qu'un bête "individu autonome", sans grande capacité de jugement et sans grande sagacité, qui aime cacher son visage derrière une poêle à frire, et se faire insulter sur un site tenus par des êtres instruits de qualité. Mais heureusement pour la tendre humanité y a des mecs comme vous Herr Prat.

    Mais je vous laisse la parole, vous écrivez si bien sur Vous !

    """ J’ai viré rouge en 65 de 1900, à la clinique Saint-Roch, à Saint-Servan. 36 ans plus tard j’expédiais une lettre aux Artichauts de Bruxelles, qui est restée jusque peu ma seule réelle publication, si ce n’est une nouvelle parue dans le Matricule des Anges n°37, sous le titre prometteur de "la prochaine fois j’avalerai tout !", extraite d’une courte fiction dont on trouve l’intégralité sur mon blog. Je faisais déjà le romancier, à l’époque, et les lecteurs des éditeurs industriels disaient le plus grand bien de mes fictions (tout en les refusant), et continueraient tant et tant que je finirais par concevoir quelque humiliation à écrire pour des lecteurs professionnels et déciderais de publier moi-même mes écrits si géniaux qu’ils en étaient impubliables... Je suis pourtant franchement heureux du tour autodidacte qu’ont pris pour moi les choses, même si je mentirais comme dix arracheurs en prétendant que je ne me sentirais pas mieux si un éditeur trouvait quelque nécéssité à publier ma prose à ma place. Chacun sa tâche, après tout... Mais soyons sérieux, je n’écris pas que du nectar, je ne fais qu’écrire, et l’industrie du livre ne répond pas qu’au marché, mais également à une certaine idée de la littérature qui ne me dit pas grand-chose. Alors tout est peut-être pour le mieux, finalement, soyons désinvoltes comme dit la chanson, et n’ayons l’air de rien...
    Récemment les éditions Après la lune, la revue Le Grognard et donc désormais les éditions Le-mort-qui-trompe s’intéressent à des réflexions, des aphorismes ou des fables critiques qu’on peut également trouver sur mon blog, le Manchot-épaulard.""""

    Merci. Quant à Jean Paul de mes 2, Cher Monsieur, c'est un personnage qui ne peut que vous échapper par ses multiples dualités et ses mascarades autrement plus emberlificoteuses que vos honnêtes réflexions et autres aphorismes au demeurant fort plaisants pour les esprits équilibrés dont je ne suis.

    Jean Paul 2 Je retiens 1 comme disait Coluche en parlant du Polonais le plus connus après Roger Walkowiak,dit Walko, mon coureur cycliste préféré qui gagna le Tour en 1956, est un immense et sincère tricheur. Car comme moi il pensait que la religion est la philosophie des paresseux. Et s'en prendre aux paresseux était contraire à son esprit flatteur.

    Il a donc passé sa vie à les flatter. Ce n'est d'ailleurs pas lui qui a entraîné la disparition de cette monstrueuse gorgone qu'était l'URSS. Il a simplement flatté et caressé dans le sens du poil des peuples remontés contre Ivan pour en être le drapeau. Il a fait d'eux son fond de commerce ainsi que vous même Frère Prat puisque vous lui prêter ci-dessus une grande influence dans la chute du Komintern.

    Malheureusement pour JP2, en Amérique latine un autre escroc de la naïveté des peuples était déjà passé avant lui. Che Guevara, une icône concurrente en rouge et noir aussi mystique que sa réplique en or et blanc des plaines de l'Est. Mais là aussi pas touche à l'icône. les gardiens du dogme veillent prêts à mordre. Guevara l'homme qui fusillait ces victimes sur un air de Social Club, si cher à nos intellectuels pro-cubains. Dieu que la dictature est plus douce au soleil ...

    Salut l'ancêtre des mers froides...brrr quel destin, condamné à baguenauder ses pensées sous une banquise et qui en plus est en train de fondre... Narval l'Enfant frustré de pages blanches et de stylos Bic qui n'arrête pas de se faire menacer de se faire casser la gueule par certains de ses interlocuteurs sur ce site.

    Ah les virils "montre toi si t'es un homme", ou les machos "viens voir en Pologne et cela sera pour ta gueule" ... Mais je vais me transformer, le tansformisme est toujours à la mode, en Cyber Mamies, le rôle est plus kool.

    Posté par Narval, samedi 18 avril 2009 à 12:57:30 | | Répondre
  • Mais ce n'est pas moi qui vais vous en blâmer. Le rôle du persécuté "je suis partout" est beaucoup moins cool à tenir. On vous menace? Vraiment? Nom de vous!
    Merci, en tous cas, enfant frustré et susceptible, copie-colleur, pour cette réclame inattendue.

    Posté par Stéphane Prat, samedi 18 avril 2009 à 14:48:12 | | Répondre
  • Aimer ... Monsieur ... Aimer ...

    Ah, Monsieur Prat, encore une chose : Nous aimons bien ce que vous faites.

    Narval le lecteur attentif.

    Posté par Narval, dimanche 19 avril 2009 à 10:40:19 | | Répondre
  • Vive les dinosaures !

    Absent plusieurs jours des derniers salons où l'on cause, je découvre que ça chauffe, là....

    Ma selle et mes bottes qu'on va m'accuser, si ce n'est déjà fait in petto, d'être Ahoy....

    Putain, j'croyais pas que mes histoires à la mord-moi l'pouce, allaient entraîner si loin dans les joutes idéologiques, même si c'est vrai qu'elles sont très bien écrites et qu'elles sont rigolotes et que ça plaît et qu'elles mériteraient d'êtres publiées dans un recueil d'anthologie de la poésie en prose qui dit des choses et qu'il n'y avait qu'un gars modeste jusqu'à l'humilité comme moi pour faire tout ça, hein ?
    Non ?

    Irréconciliable humanité ! Ah, qu'un nouveau météorite frappe la boule bleue et que revienne le temps des regrettés dinosaures !

    Posté par Bertrand, lundi 20 avril 2009 à 11:01:39 | | Répondre
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