lundi 6 avril 2009

Lettre 8

Marc_mini

Géraldine Bouvier
Éditions Dès demain – Paris 6ème                             Paris, ce lundi 6 avril 2009

Vous avez beau jeu, Marc, de n'évoquer de ma dernière lettre que sa chute. De vous raccrocher à ce "temps qui, décidément, n'est pas le vôtre" et d'en profiter pour me jouer un air de votre vieux violon sale. Pas un mot, bien entendu, de vos fréquentations du moment... Pas un mot d'Armelle Nauton, dont on raconte (déjà) qu'elle se répand (déjà...) sur votre compte et se jette sur votre dépouille comme Gargantua remplissait son grand gosier. Pas un mot de ces muscadins de pacotille auxquels vous vous accrochez avec la même fougue qu'un teenager à son premier béguin, et qui n'ont pas plus cure de vous, vous finirez bien par le comprendre, que Jean-Luc Delarue n'a de considération pour son public de cobayes. Pas un mot, bien sûr, de votre travail (écrivain, vous vous souvenez ?) En revanche, pour me jouer la sérénade, pour me rappeler "cette époque bénie où nous nous comprenions sans même avoir à nous parler" (une définition en creux de votre idéal féminin, peut-être ?), où "le tacite tenait lieu de complicité", où, enfin, vous me trouviez, écrivez-vous en barbotant dans la complaisance, "plus adorable qu'une idole et trop désirable pour une obole", alors là, vous êtes le maître ! Seigneur en son domaine ! Mais quel crédit apporter à cette pommade ? qui croire ? celui que grisent ses propres mots ? qui tend le cou afin que le haut du panier mondain y dépose des lauriers bien mal acquis ? qui abjure tout orgueil et s'en va se vautrer dans les culottes d'une demi-mondaine ? ou celui que j'ai connu, il y a des siècles de cela, élégant, distingué, incorruptible, travailleur ? Eh, quoi ! Je devrais être votre amante et laisser Madame Nauton vous enfiler vos pantoufles ?! Rangez votre sirop, Marc. Je suis prête à beaucoup. A des efforts, à de l'abnégation ; et j'ai de la patience à revendre. Mais passer pour une gourde, ça, jamais.

A bon entendeur : je suis toujours votre Géraldine. Pour l'heure.

7_vert

Posté par Les 7 mains à 09:00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Lettre 8

    Attention, Géraldine Bouvier a peut-être les moyens, elle, de se payer les services de Baresi...

    Posté par Stéphane Prat, lundi 6 avril 2009 à 11:41:05 | | Répondre
  • Sans doute. Prions pour qu'elle n'en ai pas besoin... !

    Posté par Marc V., lundi 6 avril 2009 à 11:50:26 | | Répondre
  • Baresi surbooké. J'ai d'autres contacts au besoin...

    Posté par JCL, lundi 6 avril 2009 à 18:38:21 | | Répondre
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