mercredi 25 février 2009

Tu devrais voir quelqu'un

R_clame

- Vient de paraître - :

Tu devrais voir quelqu'un - Emmanuelle Urien

Éditions Gallimard

Emmanuelle_Urien___Tu_devrais_voir_quelqu_un

Quatrième de couverture :

Dans la vie de Sarah, il y a un bol rouge, des carnets pour écrire, trois médecins, une amie de toujours, quelquefois Julien, et beaucoup de questions.
Dans la vie de Sarah, pas de place pour Janvier, qui pourtant s'y  installe, évinçant tout le reste.
Dans la vie de Sarah il n'y a plus que Janvier.

Un jour, c'est sûr, elle le tuera.

7_rouge_vif

Posté par Les 7 mains à 08:55:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Tu devrais voir quelqu'un

    Plongeon

    Madame l'Ecrivain,

    Voilà,

    Je suis en apnée dans l'univers de Sarah, Julien, Fatiha, La silhouette sombre et les autres... vertiges assurés avec le secret de Sarah...la journée s'annonce très pluvieuse, la compagnie ne me manquera pas, une psychologie des personnages orchestrée avec habileté et rebondissement, je ne vais pas m'ennuyer...

    A plus pour ce que j'en dis...Narval

    Posté par Narval, mercredi 4 mars 2009 à 11:12:00 | | Répondre
  • Un roman fou pour les fous de romans.

    Des histoires de nanas, de mecs, de tromperies, de trahisons, de divorces, de folies, de meurtres, parmi des représentants du moyenariat, c’est du déjà lu, du déjà vu, faut vraiment être pointu pour radouber la forme et le fond que tu t’es dis en feuilletant rapide, malmenant en avant, en arrière, comme tu le ferais d’un pocket-film, les cent soixante six pages de ton volume nrf tout frais du jour.

    Le triple liséré rouge et noir graphiquement ringardo, mais néanmoins toujours envié par tout candidat cadors au panthéon de notre reproduction littéraire indigène, emprisonne le titre en tlapalyayactic, marque de fabrique immuable de Gallimard, nuance assortie à celle du bol situé au prière d’insérer de la quatrième de couette, « TU DEVRAIS VOIR QUELQU’UN ».

    Celui-ci répond au qualificatif de « roman » en minuscules noires. Il est chapeauté en entête par l’autorité de majuscules nous annonçant l’auteur qualifiée d’une « EMMANUELLE » innocente des quatre histoires d’O, suivie d’un rare et noble patronyme « arthURIEN », sentant bon la province fraîche et salée, en recherche d’espaces de reconnaissance boulevardiers, dans notre pourtant asphyxiant bunker Intra-Muros.

    Il est vingt-deux heure trente. Mercredi. Le jour d’Emmanuelle Urien sur les 7 Mains. Le nrf est en haut de la pile. Les quatre nems poulet-porc du Dalat et la bière Tzingtao trop présents sur ton estomac pour que tu fasses l’effort d’entrer dans un nouveau roman, tu te dis que tu peux poursuivre la lecture plaisante du dernier roman de Pascale Kramer, « L’implacable brutalité du réveil ».

    Tu te sens bien dans son dernier roman évoquant l’implacable mal de vivre d’une jeune femme les jours d’après son premier accouchement. T’aime bien ce récit sans lieu propre qui pourrait se passer n’importe où, mais qui t’accroche par la lumière pourrave des journées smoggy de Los Angeles, la ville préférée de tes penchants occidentalistes un peu kitch.

    Cette Alissa qui forme avec Richard un parmi les plus beaux couples prometteurs des habitués des plages de Santa Monica vient de mettre au monde Una, un beau bébé fille, fruit désiré et accomplissement de cet amour envié à la ronde. Mais c’est la dépression qui la kidnappe à l’angle de sa rue et de la bretelle de béton menant au ring de l’I-15.

    Alors elle se révolte et se demande à quoi rime ce criard qu’elle abandonne bouclé à clef dans sa chambre à coucher, aux bons soins de sa mère à elle et de Richard, glissant sous la porte un billet, « Désolée, je n’arriverai jamais à revenir », pour enfin se retrouver, elle, enfin elle, dans un motel glauque de down-town.

    Tu te dis que tu poursuivrais bien le cheminement de ton attachante héroïne, qui se demande si elle aime encore le père de ce moutard, si elle est faite pour élever des gosses, et préparer les plats macro-bio de son bel athlète de mec, envié par toutes ses copines à elle, dans sa cuisine Zanussi.

    Mais cette, pour toi, inconnue d’Emmanuelle Urien dont le récit, en troisième semaine sur « Les 7 Mains », t’agace et te séduit par son écriture décisive et qui te mène par le bout du nez, va réussir à t’empêcher de partager encore ce soir avec Alissa, Una et Richard la fin de leur roman.

    Bon, c’est décidé, tu te replonges dans l’univers de Sarah, chapitre trois, déjà entamé en début d’après-midi, comme annoncé dans ton « com » laissé sur les « 7 mains ». Et te voilà parti, sans le savoir, pour une surprise de lecture de trois heure trente non stop.

    Deux plombe du mat’. Tu te croyais parti dans un remake de plus de scénario de série américaine des années quatre-vingt, sur le thème du -qui trompe qui- entraînant le -que voilà
    je t’assassine- suivi de -que voilà tu m’assassines-. Et voilà que tu te retrouves, pour la naissance de ton jeudi, avec un petit roman noir et fantastique sur les bras.

    Et ça se passe pas loin de chez vous, nous dirait Benoît, ça se situe dans le sud-ouest. Pas besoin de dépaysement outre-océan, le glauque, le morne, l’ennui, le trouble, la trahison, le mensonge, l’irrationnel, les passions, l’étrange existeraient donc aussi à Toulouse.

    Il pourrait même prendre forme, par exemple, dans un bar anonyme du terminus de la ligne B, du métro de type VAL, de la SMTC, pas loin de la station Basso Cambo. D’ailleurs je vous rassure illico, les auteurs ne nous ennuient pas une seule seconde avec d’interminables descriptions d’un univers glauque de banlieue provinciale, dont notre joli pays en a pourtant le secret. Ce sont les personnages du roman qui irradient la glauquitude et la noirceur mais pas celle que vous présumez là, en me lisant. Mais vous verrez par vous mêmes. C’est efficace. Ça marche. On marche.

    Bien sûr mes petits loups, je vais pas vous donner les clefs de l’intrigue, ça serait trop facile. Vous devez être flingué par les trois auteurs de ce court roman fol dingue comme moi je l’ai été, en étant vierge pressé à froid de toute connaissance préalable de l’intrigue et des intrigants. Parce qu’ il n’y a pas un auteur à ce roman mais trois. C’est un roman à 7 moins 4 égale 3 mains.

    Soyez rassurés. Je ne me fous pas de vous, ni de celle qui l’a écrit ce roman. Vous verrez, trois auteurs. Qui entretiennent d'étranges relations croisées, à vous y perdre Et vous allez découvrir aussi que l’écriture est magique. Vous allez me dire que vous le saviez déjà. Oui, j’acquiesce, mais mollement. J’irai pas dans le sens où vous l’entendez déjà, celui de la lecture pour le plaisir comme se tue à nous le dire, le jeudi, le grognard des 7 Mains. Non, y a plus, bien plus.

    Dans le roman du trio Sarah, Janvier et Urien, l’écriture retrouve la force qu’elle a depuis les temps immémoriaux, depuis son invention sur les tablettes d’argile fraîche et tendre d’Uruk et du royaume d’Elam. Cette force qu'elle a un peu perdu dans l'océan de la modernité où nagent en bancs serrés ses principaux prédateurs, les signes et les images.

    Mais l’écriture rend le langage visible, l’écriture se fait le seuil de l’invisible, l’écriture rend visible l’invisible, cela constitue sa puissance. C’est cette puissance, à nous lecteurs chanceux, que nous restituent, avec bonheur, Sarah, Janvier et Urien.

    Mais plus encore, ce roman ne cesse de nous égarer pour notre bon plaisir. Vous verrez, vous prendrez comme moi, fait et cause et en forte sympathie l’héroïne Sarah que tout désigne comme l’amorale de service et pourtant qui fondamentalement est la plus humaine de ce roman . C’est avec elle que vous souffrirez. C’est elle qui a toutes les apparences de la folie mais qui fera exister ce qui doit exister.

    Tu ne forceras jamais à exister ce qui n’existe pas. Tu dois dire et penser que ce qui est est. Ce qui existe existe, et ce qui n’existe pas, n’existe pas. Voilà des vérités que les trois auteurs de ce roman vont battre en brêche, étouffer à nous en faire perdre la tête.

    Sarah, Janvier et Urien nous font redécouvrir un des mystères attachés à la condition humaine, la définition même de sa folie essentielle, que le domaine de l’inexistant a presque toujours la part la plus belle, par rapport au domaine de l’existant.

    Cet attrait de l’irréel que l’on peut créer , façonner et manipuler à son gré,au détriment du réel, ou face à un réel qui nous échappe, sur lequel nous n’avons aucune prise, cet attrait de l’irréel constitue notre folie, propre à notre race. Montaigne le disait déjà : « Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au-delà. Nous pensons toujours ailleurs »

    Oui, y a de tout ça dans ce petit roman bourré d’idées que je verrai bien d’ailleurs adapté au cinoche. Merci Emmanuelle Urien, à vous et à vous seule, il n’y a pour le lecteur aucun doute à la fin, c’est bien vous l’auteur de ce roman très prenant. Quoique...me reste un doute...peut être Janvier ...

    Votre lecteur attentif et un peu fou. Narval. Merci à Clément Rosset et Clarisse Herrenschmidt dont je suis lecteur assidu, pour avoir été mes Janvier à moi.

    Posté par Narval, jeudi 5 mars 2009 à 18:15:36 | | Répondre
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